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27 févr. 2014

De l'art de jouer des conversions Anciens francs, nouveaux francs, €uro

De l'art de jouer des conversions anciens francs, nouveaux francs en €uro

et de l'art de réduire les coûts d'affranchissement


J'ai reçu tout récemment de l'un de mes "honorables" correspondants ce pli  affranchi d'une Marianne de Gandon à 4F (lettre double tarif au 1-1-1946)  et d'un timbre Floralies d'Orléans de 1967 à 0,40 F 

Si je raisonne simplement j'additionne les deux sommes et j'arrive à 4,40 F.
Si je convertis en €uro , j'obtiens une valeur de 0,67 € soit à un centime près le montant du timbre pour une lettre prioritaire. 

Seulement voila… mon correspondant (j'abandonne l'honorable) a oublié que  nous avons perdu le Franc Bonaparte le 1er janvier 1960.





Le "nouveau franc" ou "franc lourd" entre en vigueur le 1er janvier 1960. 


Un nouveau franc vaut 100 anciens francs

Il est par ailleurs défini par 180 mg d'or fin (contre 290 pour son prédécesseur).

La valeur de mon timbre à 4 F passe donc à 0,04 F et sa valeur 2014 n'est plus que de 0,01€. 

L'affranchissement n'est plus que de 0,07€ bien loin des 0,66€.

Je doute que ce soit par méconnaissance que cet affranchissement ait été réalisé.


Lors de son retour au pouvoir en 1958, le général de Gaulle doit faire face à une situation financière des plus préoccupantes. L'inflation, que la politique menée par Antoine Pinay en 1952 avait quelque peu ralentie, fut en effet relancée par la guerre d'Algérie. Le déficit budgétaire est considérable et la balance des paiements gravement déséquilibrée. Or le rétablissement de la situation est d'autant plus urgent que la France s'apprête à rentrer dans le marché commun (traité de Rome, 1957) et qu'une monnaie trop faible la condamnerait inévitablement face à un concurrent comme l'Allemagne.
Afin de rétablir les grands équilibres, le gouvernement adopte en décembre 1958 un plan d'assainissement monétaire (plan "Pinay Rueff") : réduction des dépenses budgétaires, suppression de l'indexation des salaires sur les prix (à l'exception du SMIG), dévaluation du franc de 17,55 % et création d'un "nouveau franc" (1 nouveau franc = 100 anciens francs) afin de repartir sur des bases monétaires plus solides. L'entrée en vigueur de ce nouveau franc est préparée par Antoine Pinay, ministre des Finances.
 
L'opération est considérable : tous les moyens de paiement, les dépôts sur compte, les mandats, factures et amendes doivent être libellés en nouveau franc au matin du 1er janvier 1960. Les machines comptables, les chéquiers, les timbres, comptes bancaires, catalogues de ventes par correspondance... doivent être modifiés à temps. Les réactions furent plutôt vives sur le moment : inquiétude des patrons, grogne des agriculteurs, récriminations des salariés. L'opinion se sentait appauvrie puisque le salaire moyen tombait de 61 000 anciens francs à 610 nouveaux francs. Mais la suite démontrera de façon éclatante la justesse des décisions prises : la balance des paiements se rétablira promptement tandis que l'inflation se ralentit. Le plan "Pinay Rueff" a ainsi ouvert la voie à l'expansion continue et à la prospérité croissante qui seront une caractéristique des années 60.
Fabrice Grenard

Encore un pli qui va plaire à mon ami Jean! 

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