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25 janv. 2013

Honoré d'Estienne d'Orves Alexandrie Force X Duquesne résistance

Honoré d'Estiennes d'Orves et le canton de Tinténiac Ille et Vilaine 


Le chevet de l'église de Pleugueneuc

C'est à l'occasion d'une cérémonie en l'église de Pleugueneuc que mon regard a été attiré par la plaque commémorant les soldats morts pour la France des différentes guerres. Un nom attira mon attention celui d'Honoré d'Estienne D'Orves. 


Plaque des soldats morts pour la France le nom d'Estienne d'Orves est mentionné parmi les morts de 1939 1945 car marié à Eliane de Lorgeril dont la famille vit sur la commune de Pleugueneuc


Descendant par son père Marc d'une lignée de comtes d'origine provençale, le «premier martyr de la France libre» est né le 5 juin 1901 à Verrières-le-Buisson, au sud de Paris. La famille de sa mère, Élisabeth de Vilmorin, est propriétaire d'une entreprise prospère de graines... qui existe encore sous le nom de Vilmorin.



Très pieux, le couple élève ses enfants dans la foi catholique mais éveille aussi leur sens patriotique. Pendant la Grande Guerre de 1914-1918, Honoré, poursuit de bonnes études au lycée Louis-le-Grand. 

Il choisit de préparer le concours d'entrée à l'Ecole Polytechnique qu'il réussit en 1921.

Sorti de Polytechnique en 1923, il intègre l'Ecole navale.



Au terme de ses études, en 1923, Honoré d'Estienne d'Orves choisit d'entrer dans la Marine. En 1929, c'est le mariage avec Éliane de Lorgeril. Ils auront cinq enfants. 
Les origines de la famille de Lorgeril remontent au XIIe siècle, avec le chevalier Alain de Lorgeril, qui fit partie des seigneurs à suivre Saint Louis en Terre-Sainte. Le berceau familial était alors situé du côté de Jugon-les-Lacs (Côtes-d’Armor).


La Bourbonnais en Pleugueneuc
Situé à mi-chemin entre Rennes et Saint-Malo, sur la commune de Pleugue- neuc, le Château de la Bourbansais, construit sur des vestiges Gallo-romains au XVIe siècle, est dans la même famille depuis sa construction en 1583. L’actuel propriétaire, le comte Olivier de LORGERIL, est à la 19e génération le descendant direct du constructeur, Messire Jean du BREIL.



Au moment où la guerre est déclarée en 1939, Honoré d'Estienne d'Orves sert à bord du Jaguar où il remplit les fonctions de sous-chef d'Etat-major de la 2e Flottille de torpilleurs en Méditerranée. 


En décembre 1939, il est officier d'ordonnance à bord du Duquesne, dans la Force "X" , de l'Amiral Godfroy.



L'armistice de juin 1940 le surprend à Alexandrie.

Ne pouvant se faire à l'idée que sa patrie vaincue accepte la défaite, il constitue un groupe de marins et d'officiers, parmi lesquelles Roger Barberot et André Patou, déterminés comme lui à continuer la lutte, prend le nom de "Chateauvieux" (du nom de l'une de ses aïeules) et entre en contact avec les autorités de la France libre.

Il quitte Aden avec son groupe et après un interminable voyage de deux mois autour de l'Afrique, rejoint le général de Gaulle à Londres le 27 septembre 1940.


verso du pli et cachets de censure 



À Londres, d'Estienne d'Orves figure parmi les premiers officiers à se mettre aux ordres du général de Gaulle.

Sous une nouvelle identité, il est affecté au service de renseignements, sous la direction de l'amiral Muselier.






Sa mission est de collecter un maximum de renseignements en provenance de France pour soutenir l'action des troupes britanniques.

Désireux d'agir par lui-même, d'Estienne d'Orves se rend lui-même en France pour monter son propre réseau de renseignements. Il constitue une équipe avec Maurice Barlier et Yann Doornick, ses adjoints directs, l'un et l'autre âgés de 35 ans. .

Il recrute également un jeune radio de 20 ans, Alfred Gaessler, qui a l'avantage de parler allemand (il est d'origine alsacienne). Le 21 décembre 1940, les voilà qui accostent près de Plogoff, en Bretagne. Ils se font héberger chez un couple de sympathisants.




Quelques jours plus tard, Gaessler, humilié et peut-être déçu par la vie d'espion, qu'il espérait plus palpitante et plus fastueuse, se rend dans les locaux de l'armée allemande à Nantes. Il déballe tout. Et dans la nuit du 21 au 22 janvier 1941, les Allemands cueillent les membres du réseau Nemrod à leur domicile.

D'Estienne d'Orves résiste autant qu'il peut aux hommes qui ont fait irruption dans sa chambre. Roué de coups, il est jeté en cellule ainsi que ses compagnons.

Les bureaux de Londres, ignorants du drame, vont être intoxiqués pendant plusieurs semaines encore par des faux messages radio du traître Gaessler, provoquant de la sorte l'arrestation d'autres agents (Gaessler sera finalement évacué par les Allemands en Autriche et disparaîtra dans la tourmente en 1945).




L'invasion de l'URSS par la Wehrmacht, le 22 juin 1941, fait basculer les communistes français dans la résistance. Le 21 août, un militant communiste de 22 ans, Pierre Georges, futur «colonel Fabien», se rend au métro Barbès et abat le premier Allemand qu'il croise sur le quai, l'aspirant Moser.

En France, la répression se durcit aussitôt. Dans le réseau Nemrod, six condamnations à mort sont commuées en peines de prison mais trois condamnations sont confirmées...

À l'aube du 29 août 1941, un autocar escorté de camions vert-de-gris quitte la prison de Fresnes pour le fort du mont Valérien, à l'ouest de Paris. À l'intérieur de l'autocar, Maurice Barlier, Yann Doornick et Honoré d'Estienne d'Orves, assis sur leurs cercueils, sous la garde des soldats allemands qui vont quelques instants plus tard les fusiller.

Devant les murailles du fort, d'Estienne d'Orves et ses adjoints demandent à ne pas avoir les yeux bandés ni les poignets entravés. Accordé. Ils reçoivent à genoux la bénédiction des mains de l'aumônier Stock.

D'Estienne d'Orves s'approche du président Keyser, le magistrat qui l'a condamné à mort et lui déclare : «Monsieur, vous êtes officier allemand. Je suis officier français. Nous avons fait tous les deux notre devoir. Permettez-moi de vous embrasser».




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