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28 déc. 2012

Dragueur côtier classe Sirius PHENIX

Dragueur Côtier PHENIX
dragueurs type « D » classe Sirius 




Pli du Phénix mission en Océan Indien 1982


Si au début des années 1960, la marine nationale française comptait dans sa flotte 101 dragueurs de mines, la majorité était d'origines étrangères (États-Unis, Grande-Bretagne et Canada). Seul les 34 dragueurs côtiers type D, classe Sirius (plus trois construits pour la marine Yougoslave), et un dragueur côtier type DB, le Mercure (plus six construits pour la marine d'Allemagne fédérale) furent construits en France de 1952 à 1956, par l'arsenal de Cherbourg et dans des chantiers privés. Ils furent mis en service entre 1954 et 1958. Toutes ces unités portaient des noms d'étoiles ou de constellation.



Q 765 ex M 749 PHENIX  (Cherbourg 2006) (c) JM Bergougniou

Ils étaient conçus selon les plans du constructeur britannique Thornycroft et assez semblables aux dragueurs classes Ton de la Royal Navy britannique et Dokkum de la Koninklijke Marine néerlandaise, d'où parfois l'appellation de dragueurs "type Europe occidentale".

Ces bâtiments étaient groupés organiquement en divisions de dragueurs (Didra) de trois à cinq unités. La 1re escadrille de dragage (Esdra) était basée à Cherbourg et la deuxième Esdra, à Brest. Aucun n'a été basé à Toulon. Outre-mer, deux bâtiments étaient stationnés à Fort-de-France et un à Dakar.

Caractéristiques : les dragueurs D avaient une longueur de 46,30 mètres pour 8,55 m de large. Leur tirant d'eau était de 2,50 m et leur tirant d'air de 15 mètres. Ils déplaçaient 400 tonnes (440 tonnes à pleine charge). Pour diminuer la signature magnétique, ils étaient équipés d'un circuit d'immunisation. La coque et le pont étaient en bois, les membrures en duralumin et les superstructures en contreplaqué marine et en alliage d'aluminium.


Q 765 ex M 749 PHENIX (Cherbourg 2006) (c) JM Bergougniou

Machines : 

21 étaient propulsés par deux générateurs à pistons libres Sigma-Pescara, 

et 13 par deux moteurs Diesel SEMT Pielstick de même puissance, développant au total 2 000 ch. Leur vitesse maximum en route libre était de 15 nœuds, 9 nœuds en dragage mécanique et 6,5 nœuds en dragage magnéto-acoustique. leur rayon d'action était de 3 000 nautiques à 10 nœuds. Ils avaient deux hélices à trois pales fixes sauf sur les M734, M735, M736 et M737 dont les hélices étaient à pas variables.

21 dragueurs "Pescara"


M701 Sirius (1952-1971), M702 Rigel (1953-1974), M703 Antares (1953-1981), M704 Algol (1953-1976), M705 Aldébaran (1953-1970), M706 Régulus (1952-1974), M707 Véga (1953-1981), M708 Castor (1953-1973), M709 Pollux (1953-1970), M740 Cassiopé (1953-1976), M741 Eridan renommé Aldébaran en 1977 (1953-1979), M742 Orion (1953-1970), M743 Sagittaire (1953-1979), M744 Achernar (1953-1970), M745 Procyon (1953-1970), M710 Pégase 1955-1974), M750 Bellatrix (1955-1974), M751 Denébola (1955-1974), M752 Centaure (1955-1970), M753 Fomalhaut (1955-1970).

13 dragueurs "Pielstick"


M746 Arcturus (1954-1981), M747 Bételgeuse (1954-1989), M754 Canopus (1955-1982), M749 Phénix (1955-1992), M755 Capella (1955-1987), M759 Céphée (1956-1988), M757 Verseau (1956-1988), M758 Ariès (1956-1988), M759 Lyre (1956-1981), M734 Croix du Sud (1956-1981), M735 Etoile Polaire (1956-1978), M736 Altaïr (1956-1982), M737 Capricorne (1956-1988).
Q 765 ex M 749 PHENIX plage avant et emplacement du 40 mm Bofors (Cherbourg 2006) 
photo (C) JM Bergougniou

Effectif : 

ils étaient généralement commandé par un lieutenant de vaisseau. Leur équipage (avant le repyramidage des grades de 1974) était de trois officiers, huit officiers mariniers et vingt-huit quartiers-maîtres et matelots. Ces derniers étaient logés dans deux postes équipages avec chacun quatorze couchettes au lieu de hamacs, une nouveauté, à cette époque, sur des bateaux militaires de construction française...

Équipements de dragage :
 

les dragueurs D étaient équipés de dragues mécanique, magnétique, acoustiques et d'une drague explosive.

Drague mécanique : 
Capables de sectionner les orins des mines à contact, ces dragues étaient de type Oropesa (OD1). Les brins de drague étaient armés de cisailles, explosives ou non. Il était possible de faire du dragage attelé à deux ou plusieurs dragueurs.

Drague magnétique : au début de leur carrière, ils étaient équipés de dragues à boucles symétriques MB1, MB3 et MB4. 

À partir de 1960, le dragage acoustique se faisant à la traîne, ils ont reçu des dragues MB5 dissymétriques dont la boucle était déployée sur tribord. L'alimentation de la drague magnétique était assurée par un groupe électrogène de 550 ch.

Drague acoustique : 
d'abord équipés de dragues à l'aplomb (AM1, AO1, AP1). Ce type de dragage étant trop dangereux car la mine pouvait exploser sous la coque, ils ont été équipés de dragues à la traîne AM1 et AP1 modifiées, filées sur bâbord. Le touret du câble d'alimentation avait été installé sur le rouf de drague derrière la cheminée, à la place du canon de 20 mm.

Drague explosive :
 
la drague AE1 était destinée à influencer les mines acoustiques.

Artillerie : 
leur artillerie d'origine était constituée par un canon de 40 mm Bofors sur la plage avant et un canon de 20 mm Oerlikon sur le rouf de drague, puis un seul canon de 40 mm ou de 20 mm à partir de 1960, sur la plage avant. 

Les stationnaires outre-mer (M734, M736, M746 et M754) avaient conservé leur armement d'origine car étant utilisés comme patrouilleurs, ils n'avaient pas été modifiés pour le dragage acoustique à la traîne.
Avec le Mercure, les 34 dragueurs de mines D, classe Sirius ont été les premiers et les derniers dragueurs construits en France aptes à la fois au dragage mécanique et au dragage à influences magnéto-acoustiques. À la construction, une soute avait été prévue pour un appareil de détection asdic, mais celui ci-n'a jamais été installé. Ils ont été progressivement remplacés à partir de 1970 par 5 dragueurs océaniques (MSO) refondus en chasseurs de mines classe Dompaire et en 1972 par la mise en service des cinq chasseurs de mines classe Circé. 
Certains « sous cocon », qui ont été rayés des listes de la flotte dès 1970, ont eu une carrière active assez brève. D'autres, basés à La Pallice ont servi à la surveillance du champ de tirs de Centre d'essais des Landes (CEL) au large de Biscarrosse, de 1964 à 1981. Il s'agissait de dragueurs à turbines à gaz « Pescara », à la mécanique fragile. 

Les dragueurs à Diesels Pielstick, plus fiables, ont fait une carrière beaucoup plus longue et opérationnelle dans la guerre des mines ou comme patrouilleurs outre-mer. Le Phénix est celui qui a servi le plus longtemps. Reclassé patrouilleur à Cherbourg, il a été désarmé en 1992 après 37 ans de service.

sources :




Photos (c) JM Bergougniou

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