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16 févr. 2012

Une visite à Dunkerque et à Jean Bart

Une visite à Dunkerque 
et à Jean Bart


Organisation des défenses du port de Dunkerque  musée portuaire

C'est vers le VIIème siècle que Dunkerque prend naissance sous la forme d'un établissement de pêche qui se fixe au bord d'une petite crique abritée par les dunes. Dès lors, les habitants établissent une première chapelle qui donne bientôt son nom à la localité : l'église des dunes (Duyn Kerke en flamand).

Très vite, la petite communauté de marins s'organise : un mur de défense levé en 960 et un hôtel de ville bâti en 1233 attestent que l'essor urbain démarre véritablement à cette époque. Spécialisé dans la pêche au hareng, le port se développe lui aussi, en même temps que d'importants aménagements hydrauliques, assèchements, creusement de canaux interviennent dans l'arrière pays. C'est à la fin du XIVème siècle que l'activité portuaire découvre une nouvelle activité : la course.

Ecumant les mers, les Dunkerquois se forgent rapidement une réputation sur laquelle reposera l'histoire maritime de la cité.




Attaque du port de Dunkerque  musée portuaire



Dunkerque reste cependant une ville sur la défensive qui pour se protéger, doit maintenir autour d'elle un corset de fortifications. Dunkerque subit de nombreux sièges bien souvent dévastateurs comme celui de 1558.




Convoité par les grandes puissances, Dunkerque connaît une rare succession de suzerains : flamands, bourguignons, autrichiens, espagnols, anglais, français, dont trois se sont succédés en une seule journée, le 25 juin 1658, lors de la fameuse Bataille des Dunes remportée par Turenne.




Tableau représentant Dunkerque sous le feu ennemi

timbre évoquant Dunkerque et Jean Bart
Définitivement française en 1662, la ville connaît alors, grâce à l'intérêt personnel que lui porte Louis XIV, une transformation radicale qui la place au rang des grandes villes du royaume. Etendue, embellie, elle demeure le port d'attache de brillants marins dont le chef de file resteJean Bart (1650-1702), le plus célèbre de tous les corsaires français qui s'est illustré notamment lors de la fameuse Bataille du Texel.






Le XVIIIème siècle se révèle moins favorable au port flamand à l'exception du développement de la pêche à la morue en Islande qui lui permettra d'occuper le premier rang national au XIXème siècle. C'est en 1879 que s'engage une transformation radicale du port qui lui permet de concurrencer ses voisins et de devenir le principal débouché du pays sur la Mer du Nord. Désormais 3ème port de France, Dunkerque est frappé par les deux conflits mondiaux. Violemment bombardé en 1915 et 1917, thèâtre de l'Opération Dynamo en mai 1940, elle sera largement détruite et libérée en mai 1945 de l'occupation allemande.






portrait de Jean Bart au musée portuaire



La France doit importer d'énormes quantité de blé par voie maritime. Jean Bart est chargé d'escorter les convois qui viennent de Pologne et de la Moscovie. Ces convois ouvrent un énorme champ d'action à l'activité des corsaires. Les uns se chargeant de les capturer les autres de les protéger .



Souvenir de l'évasion du cuirassé Jean Bart de Saint-Nazaire  TAD 19 juin 2010


En janvier 1694, Jean Bart quitte Dunkerque pour se rendre en Norvège prendre en charge un convoi de 30 Navires chargés de blé. Le 16 Mars, l'intrépide marin les ramène à Dunkerque, malgré la menace des escadres anglaises et hollandaises .




Jean Bart à toutes les sauces



Le 29 mai, Jean Bart reçoit des instructions de Versailles. Il doit se rendre une nouvelle fois en Norvège, à Vléker, d'où il ramènera à Dunkerque et au Havre une Flotte commerciale composée cette fois de 120 navires. Sans attendre l'arrivée de Jean Bart, le convoi s'élance sous la seule protection de trois navires neutres (deux Danois et un Suédois). Dés leur appareillage, les navires sont capturés par les Hollandais. 





Se doutant d'une telle éventualité, Jean Bart en route vers la Norvège, fait naviguer ses frégates le long des côtes de Hollande.
Effectivement, le 29 juin à 3 heures du matin, il arrive au large de l'île du Texel où il aperçoit une énorme quantité de voiles. Il fait prendre des renseignements qui confirment de suite la présence des navires marchands francais.


 A 5 heures, l'escadre dunkerquoise est à portée de canon de l'ennemi. Jean Bart donne donc alors ses ordres. Bien qu'en nette infériorité, il décide, sans hésitation d'aller à l'abordage. Pour atténuer le désavantage, l'une des flûtes accompagnatrices sera transformée en navire de combat. L'escadre francaise aura donc 7 navires pour un total de 302 canons, les Hollandais disposent quant à eux de 8 Vaisseaux et de 388 canons. De plus leur flotte est sous le commandement d'un Vice-Amiral : Hidee Devries.


Jean Bart une marque commerciale



Malgré l'inégalité des forces, Jean Bart engage immédiatement le combat. Il sera particulièrement bref et d'une rare violence. Chacun ayant son adversaire, le capitaine dunkerquois se charge bien entendu du navire amiral. Le premier, il saute à son bord suivi de ses hommes galvanisés par son courage. "Le Maure" est totalement désemparé, sa mature fauchée par les boulets Hollandais. Qu'importe il tient bon "Le Prince de Frise" est enlevé au bout d'une demi-heure à peine. Ses deux pavillons sont ramenés par un jeune marin provençal. Le Vice-Amiral Hidde Devries, gravement blessé, est capturé avec ses officiers. Voyant leur amiral perdu les Hollandais cessent bientôt le combat au cours duquel ils ont perdu plus de 100 hommes et 3 vaisseaux pris par les corsaires dunkerquois. 




Vitrine évoquant la course et les corsaires : Cuiller à pot et boulet ramé

Aprés avoir remis ses navires bien malmenés en état de naviguer, Jean Bart peut faire voile vers Dunkerque en fin d'après-midi. L'immense flotte y arrive le 3 juillet. Reçu en Triomphateur, le héros du Texel met pied à terre à 2 heures de l'après-midi, devant une foule immense où figurent toutes les notabilités locales. L'enthousiasme est tel que Jean Bart a bien du mal à retenir son émotion. Il ramène avec lui les 3 prises Hollandaises et 455 prisonniers dont 129 blessés. 30 navires de blé sont déchargés à Dunkerque, le reste de la flotte continuant vers le Havre.






L'exploit du Texel suscite une véritable explosion de joie à travers tout le royaume. Le 5 juillet, le fils de Jean-Bart, François Cornil et son beau-frère sont reçus à Versailles où ils remettent au roi les pavillons capturés. En remerciement, Louis XIV adresse des lettres de félicitations aux officiers, donne une médaille d'or au marin provençal ayant enlevé les pavillons hollandais et éléve François-Cornil Bart au grade d'enseigne de vaisseau. Pour Jean Bart, suprême distinction, le roi lui octroi des lettres d'anoblissement par brevet du 4 aout 1694.



Figure de proue La goélette Amiral Lhermite est lancée des chantiers Gaspard Malo de Dunkerque en 1851 pour l'armateur dunkerquois J. L. Cuenin & fils qui la destine à la pêche à la morue en Islande. Cette goélette, vendue en 1861 à l'armement Sauvage, sera la meilleure "pêcheuse" pour l'année 1862, sous le ordres du capitaine Druel. Elle fera naufrage en 1867 aux îles Westman (Islande)

Le musée portuaire de Dunkerque

http://www.museeportuaire.com/



L’entrepôt des tabacs

L’entrepôt des tabacs a été construit en 1869, il servait au stockage des tabacs produits dans le Nord Pas-de-Calais ou provenant d’Algérie. Ses murs épais préservaient les marchandises des écarts de température et de l’humidité, son édification le long du quai facilitait la manutention. Racheté par la Communauté Urbaine en 1974, il a été réaménagé et accueille le Musée portuaire depuis 1992.







Les collections du Musée portuaire sont constituées d’un fonds varié de plus de 10 000 objets (maquettes de navires, tableaux, gravures, outils, figures de proue…) et 120 000 photographies. Elles sont constamment enrichies grâce à la politique d’acquisition soutenue par le FRAM et la Communauté Urbaine de Dunkerque.



En 2008, un programme national de numérisation a été initié par le Ministère de la Culture et de la Communication pour favoriser la consultation libre et ouverte des ressources numériques culturelles.



Le musée s’est engagé dans cette démarche, vous pouvez désormais accéder à une sélection de 500 fiches d’information sur les collections du musée, photographies et objets.




 Quelques mots sur le fonds photographique 



Fonds des Ateliers et Chantiers de France (ACF) 



Une partie des photographies provient du chantier de construction navale de Dunkerque qui ferma ses portes en 1987. Cet ensemble est constitué essentiellement de reportages montrant les phases de montage et les lancements de bateaux.






Les plaques de verre de Lecomte et Maurice Vancauwenberghe 


Un don de près de 200 plaques de verre réalisées par des photographes amateurs est venu s’ajouter. Elles représentent le port et ses activités de 1900 à 1930.





Le fonds Desreumaux 


Ce fonds de 18 000 clichés correspond essentiellement à des commandes de professionnels du bâtiment, d’entreprises et d’administrations portuaires.




Les clichés du Grand port maritime (ex Port autonome) 


Le musée bénéficie également du dépôt de 5 000 clichés promotionnels du fonds du Port Autonome de Dunkerque. Y sont notamment mis en avant les trafics et les marchandises desservant le port de Dunkerque ainsi que les infrastructures et outillages de la période 1965 -1980.



Le fonds Dehaene 

Le passionné d’histoire locale qu’était René Dehaene a rassemblé plus de 3 600 plaques de verre et photographies anciennesauxquelles il a ajouté, de 1946 à 1982, sa production de photographe amateur, composant ainsi une collection de près de 38.000 photos.




Le fonds Lemaire 


Le fonds Lemaire, riche de 14 000 photographies, il illustre tant l’activité maritime que la vie quotidienne dans le dunkerquois des années 1950. En témoignant du travail sur les quais et dans les ateliers au siècle dernier et en conservant les traces de bâtiments, de navires ou d’outillages qui n’ont pu être préservés, ces fonds apportent un complément précieux aux collections du musée.




Musée à flot

Unique en France, la collection de bateaux du Musée portuaire représente un des attraits majeurs de la visite.



Duchesse Anne en carénage aux chantiers 

Un trois-mâts carré destiné à servir de navire-école Duchesse Anne

Le plus grand voilier visitable en France. Lancé en 1901 sous le nom de Grossherzogin Elisabeth, ce trois-mâts carré est un navire-école construit pour former les officiers et les matelots de la marine marchande allemande.

Pendant 30 ans, il sillonne la mer Baltique ou croise au large des côtes d’Afrique et d’Amérique du Sud avec à son bord 130 à 200 cadets, encadrés par un équipage de 15 à 20 officiers, sous-officiers, maîtres et matelots.



Sandettie

Une page de l’histoire maritime de Dunkerque s’est tournée lorsque, salué par un concert de sirènes, le bateau-feu Sandettie est rentré pour la dernière fois au port le 3 juin 1989.

Mis à poste en 1949, le BF 6 (bateau-feu 6) fut appelé successivement Dyck et Sandettie, du nom des bancs de sable qu’il était chargé de signaler. À chaque changement d’affectation, on changeait le nom peint en grandes lettres blanches sur la coque.

L’équipage de ce navire sans destination se composait de 8 hommes chargés de conserver le bateau et son système d’éclairage en bon état de fonctionnement, d’effectuer et de transmettre des relevés météorologiques ou encore d’assurer la surveillance des navires qui passaient à proximité.


sources :


http://www.museeportuaire.com/IMG/pdf/fiche_public_da20011.pdf


http://www.museeportuaire.com/spip.php?rubrique16

http://www.museeportuaire.com/spip.php?article68

http://www.ville-dunkerque.fr/fr/decouvrirdunkerque/histoire/index.html


Photos (c) JM Bergougniou

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