Chercher dans le blog

Rechercher dans ce Blog

24 janv. 2012

Entente Cordiale Le Tréport et le château d'Eu

Entente Cordiale
le CAÏMAN et sa flotille
9 septembre 1845


C'est  la lecture de cette lettre achetée dimanche qui est à l'origine de cet article sur les relations Franco Britanniques. N'oublions pas que la Reine Victoria fut la première à figurer sur un timbre.
La lettre est postée à EU en Seine-Maritime (74) le 9 septembre 1845 à destination de Rennes.


Celle-ci a été collectée par le facteur attaché à la tournée rurale « I »,  elle se trouve majorée du 1 décime rural (cachet ovale rouge).
Le bureau de direction de la ville d’EU a apposé son cachet à date (celui-ci est de type 14, deux cercles concentriques, le premier indique le jour, le mois, l’année, le second la ville en haut et en bas et entre parenthèses le N° du département). (74 N° du département de la Seine Inférieure).

 Les bureaux de direction sont dotés de ces cachets puis 1836  -
Celui-ci a calculé le montant du port jusqu’à Rennes : 6 décimes + le décime rural soit : 7 décimes et l’a directement inscrit au recto de la lettre.
Le port est dû par le destinataire et est perçu par le bureau de distribution de Rennes.
Au dos figurent un cachet de type 15 : celui du bureau de direction de Paris et celui de distribution de Rennes. 




Le contenu de ce courrier est des plus intéressants, un marin de la marine royale (Nous sommes sous Louis-Philippe Roi des Français) écrit à ses parents à Rennes 



La lettre datée du 8 septembre 1845 est écrite au Tréport. Le Tréport est à moins de 5 kilomètres d'EU. C'est un petit port aux pieds des falaises de craie.
Dans sa lettre, Le Chauvelec fils écrit à ses parents qu'il n'a que peu de temps car "nous avons presque toujour le Roi ou la famille royale à bord"

Il précise plus loin "Nous partions de Toulon pour Cherbourg d'où nous sommes partis immédiatement pour Le Tréport au ordre du Roi".

"Nous avons été au Havre avec le prince de Joinville et nous sommes aller hier au devant de la Reine d'Angleterre avec le Roi et le comte de Paris." 




Le prince de Joinville est le troisième  fils du Roi Louis Philippe. Entré très jeune dans la marine, il passe des concours spéciaux avant d'être reconnu par ses hommes. Il participe  au retour de la dépouille de Napoléon Ier en 1840 et en 1844  il mène une campagne contre le Maroc qui assure des facilités à l'émir Abd-El-Kader.

Il quitte donc Toulon ou le bateau est basé pour gagner Le Crotoit

La lettre est datée du 8 septembre, hier est donc le 7 septembre 1845.

Il précise encore "nous devons pas tarder de partir pour l'engleterre conduire la rennes je crois que cera demain à 10h du matin que nous devons partir" (SIC)

La flottille présente au Tréport escortera donc la Reine Victoria qui rentre en Angleterre.

Peu d'information sur cette flottille et sur les bateaux présents. La seule information trouvée à ce jour précise que le roi a procédé à des distributions de décorations de l'ordre royal de la Légion d'honneur à bord du bâtiment à vapeur le Caïman à plusieurs officiers, sous-officiers et marins de la flottille réunie au Tréport. 




Le Chauvelec pense que le bateau va rester au Tréport jusqu'au départ du Roi vers le 10 octobre.



Le Caïman est une corvette à vapeur  toute neuve de type Elan, nous avons trouvé un bref historique.
  • 20-7-1843 : armé pour essais.
  • 1845 : station côtes occidentales d'Afrique.
  • 15-5-1849 : débarquement au Grand Bassam.
  • 2-8-1850 : retour à Lorient.
  • 25-8-1850 : désarmé.
  • 21-5-1852 : appareille de Lorient pour la station du Brésil et de la Plata.
  • 3-04-1854 : coulé à Aden par temps bouché, faute de pilote.
  • 1845 : station côtes occidentales d'Afrique.



Donc notre marin, qui passe d'un travail de fourrier à celui de timonier où il apprend le calcul des longitudes et des latitudes, se trouve mêlé à un événement historique l'Entente Cordiale.

En ce mois de septembre 1845, Louis Philippe 1er Roi des Français et Victoria, jeune reine d'Angleterre et Impératrice des Indes, se rencontrent à Eu. 


L'entente Cordiale

La fin de l'empire et le retour de la Royauté en France n'ont pas supprimé les rivalités entre la France et la Grande Bretagne.


Chromo découpi de la Reine Victoria âgée


Développement industriel, développement économique, emprise commerciale et conquêtes coloniales sont autant de points de désaccord entre les deux nations.




La Reine Victoria et Louis Philippe vont essayer de trouver une entente... Le 19e siècle sera donc placé sous le signe de l'entente cordiale. Les illustrateurs et publicitaires vont s'en donner à coeur joie.



John Bull  au regard coquin entraîne Marianne 

L’Entente cordiale est la compréhension diplomatique par laquelle la France et le Royaume-Uni tentent de régler leurs antagonismes, en premier lieu le partage de l'Afrique, sous le règne du roi Louis-Philippe, puis sous la Troisième République.


Port du Tréport par Jules Noël

L'expression d'« entente cordiale » est utilisée par Guizot peu après 1830 et l'avènement de Louis-Philippe d'Orléans comme roi des Français (1830-1848). Une première entente cordiale entre la France et le Royaume-Uni est concrétisée avec les deux séjours que fait la reine Victoria chez le souverain français en 1843 et 1845, au château d'Eu en Normandie.



Chateau d'Eu où Jeanne d'Arc prisonnière des Anglais fut enfermée 
La première « entente cordiale » entre la France et l’Angleterre a pris forme par un geste symbolique très fort : la visite de la reine Victoria au roi Louis-Philippe entre le 2 et le 7 septembre 1843, au château d’Eu en Normandie. 





C’était la première fois depuis Henri VIII qu’un souverain britannique se rend en France. Cette manifestation amicale est d’autant plus impressionnante que, trois années plutôt, les deux pays avaient été au bord de l’affrontement, à propos de la question d’Orient, et qu’un puissant ressentiment s’était ensuivi dans l’opinion publique des deux côtés de la Manche. 


Accueil de la Reine en 1843 avec une revue navale 

La qualité des relations entre Londres et Paris s’améliore bientôt. En effet, l’amitié affichée entre les deux souverains, qui se manifeste par la visite rendue par le roi des Français à la reine d’Angleterre à Windsor en octobre 1844, et encore un passage éclair de Victoria à Eu en septembre 1845, prend toute sa dimension par les liens de plus en plus étroits que le ministre bourgeois Guizot tisse avec le grand seigneur écossais Aberdeen.



En septembre 1845, la visite est plus courte. Le Roi se rend au château d'Eu où il réside souvent. Il fait venir une flottille pour accueillir la Reine. C'est son fils le Prince de Joinville
présent avec une corvette à moteur, le CAÏMAN, qui semble être le commandant de cette mini escadre.


Le Chauvelec nous précise bien l'itinéraire depuis Toulon. Les mémoires du Prince de Joinville ne font pas état de cette deuxième rencontre mais il évoque ses campagnes de 1844 et 1845 au Maroc et à Gibraltar.





Rambuteau Préfet de la Seine raconte dans ses souvenirs :

"La reine Victoria (1819-1901), qui épousa en 1840 le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1819-1861), vint rendre une visite de 24 heures à Eu au roi Louis-Philippe, le 8 septembre 1845. Cette seconde visite, qui faisait suite à celle du 2 au 7 septembre 1843, avait pour but d'effacer le souvenir de son voyage d'été en Allemagne, au cours duquel Frédéric-Guillaume IV mentionna dans un toast le souvenir de Waterloo. L'affaire fit alors grand bruit en Europe. Ce fut aussi l'occasion entre Guizo et Aberdeen de régler certains problèmes diplomatiques. Deux compromis, concernant les mariages espagnols, destinés à rester verbaux, furent élaborés. Au sujet du mariage de la reine Isabelle II d'Espagne (1830-1904), il fut convenu que la famille d'Orléans ne donnerait pas un de ses princes comme futur époux, et l'Angleterre ne présenterait pas la candidature d'un Saxe-Cobourg, la couronne étant alors donnée à un descendant de Philippe V (1683-1746), roi et fondateur de la dynastie des Bourbons d'Espagne. Au sujet du mariage de la soeur cadette d'Isabelle II, l'infante Louise-Fernande, née en 1832, héritière du trône si la reine mourait sans enfant, la France pourrait présenter le duc de Montpensier (1824-1890), cinquième fils de Louis-Philippe, s’il y avait fécondité d'Isabelle II."

sources :

Un préfet de la Seine en voyage d'études :
"NOTES DE Mr. DE RAMBUTEAU SUR SON VOYAGE D'ANGLETERRE,EN OCTOBRE 1845".







Entente Cordiale 1904-2004

«Cocccinelle» de Sonia Delaunay (1885-1979) 



La philatélie fait remonter l'entente cordiale à 1904, on voit qu'elle est bien plus ancienne!






Entente Cordiale 1904-2004

«Lace 1 (Trial proof)» de Terry Frost (1915-2003) 


http://www.leportaildutimbre.fr/af/laposte/dicotimbre/fiche/fiche.do;jsessionid=DCD2BC6425963228F34164FF629554A5.node0?productCode=903209



Débarquement de la Reine au Tréport

La Reine Victoria et la Philatélie

Il était habituel que le port des lettres soit payé par le destinataire en fonction de la distance.Un jour de 1837, si l'on en croit une pieuse légende, un éducateur d'avant-garde, Rowland Hill (42 ans), voit une jeune femme qui pleure à chaudes larmes après le passage du facteur. Elle lui explique qu'elle a dû refuser une lettre de son amoureux faute d'argent pour payer le port.L'imaginatif Anglais, qui a des entrées au gouvernement, rédige un mémorandum et le transmet au Premier ministre, lord Melbourne.Dans ce texte intitulé Postal Reform ; its Importance and Practibility (La réforme postale : importance et faisabilité), il propose le paiement du port à l'avance avec un prix identique quelle que soit la distance dans le pays. Le paiement est garanti par un timbre adhésif et un tampon d'oblitération.La réforme est inscrite au budget du Parlement en août 1839. Hill la met aussitôt en oeuvre avec le concours d'artistes et de milliers de correspondants anonymes qui lui font part de leurs suggestions.



Le «Penny Black»

Le premier timbre-poste permet pour un penny d'envoyer une lettre d'un maximum de 14 grammes (moins d'une «half-ounce»).

Surnommé «Penny Black», il recueille un succès immédiat parce qu'il montre sur fond noir le joli profil de la reine Victoria à 15 ans et surtout parce qu'il simplifie l'envoi du courrier et le rend meilleur marché.

Le premier timbre français est émis le 1er janvier 1849 à l'initiative du directeur général des Postes de France, l'agitateur républicain Étienne Arago, frère cadet du savant François Arago. Il porte le profil de la déesse Cérès, déesse romaine des moissons. Sa valeur est de 20 centimes pour l'envoi d'une lettre de moins de 7,5 grammes partout en France.

En décembre 1848 est élu à la présidence de la République le prince Louis-Napoléon Bonaparte. En exil à Londres, le neveu de Napoléon 1er a vu comment le timbre-poste pouvait servir la popularité du chef de l'État en diffusant partout son portrait. Il ne tardera pas à mettre à profit ce nouveau média pour diffuser non plus le profil de l'antique déesse mais le sien.


sources :

Hérodote 


Aucun commentaire: