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1 juin 2011

Exposition antibolchévique LYON Mai 1943

Exposition antibolchévique LYON Mai 1943

Ce matin on est un peu loin de la Marine mais toujours en vidant mes soutes j'ai retrouvé ce pli



La propagande est mise au service de l’exclusion de ceux qui sont considérés par le régime comme étant responsables de la défaite de 1940. Cette dernière n’est pas attribuée aux chefs politiques, mais à la Troisième République et au prétendu complot des « forces anti-France » : les étrangers, les communistes, les Francs-maçons et, bien sûr, les Juifs, coupable d’un profond délitement de la société. Les accabler de la responsabilité de la défaite permet au régime de justifier leur arrestation et leur internement. Des expositions anti-Juifs et anti-bolcheviques sont inaugurées par les responsables politiques.

Ma curiosité, lors de l'achat de ce pli, a été attirée par la date de mai 1943 et surtout par le nom de cette rue de Bordeaux qui  fait, en pleine occupation et en ce début de déportation des juifs, un magnifique pied de nez au régime de collaboration de l'Etat Français et à Maurice Papon, préfet de Bordeaux depuis 1942.


Beaucoup de ville de France ont une rue faisant référence à l'implantation ancienne des Juifs en France, bien antérieure à leur expulsion au XIV siècle du Royaume de France.
Bordeaux est l'une de ces villes.


Rapide histoire de la rue :

La rue Judaïque tire son nom du « Mont Judaïque », ce modeste monticule de 18 mètre d’altitude qui domine les rives de la Garonne. Pourquoi « Judaïque » ? Parce que jusqu’au début du XIVe siècle, y existait un cimetière dépendant de l’église Saint-Martin où étaient enterrés les juifs de Bordeaux

La partie la plus ancienne de la rue actuelle a été tracée à l’époque romaine, probablement entre le premier et le troisième siècle de notre ère.






Du Ve siècle au milieu du XVIIIe siècle, la rue change de nature, elle devient une partie du chemin qui relie la ville de Bordeaux, enserrée dans ses murailles, au bourg Saint-Seurin qui s’est établi autour de l’église du même nom. La zone est rurale avec de rares maisons, des champs, des établissements religieux et des cimetières . Ce chemin se poursuit au-delà de l’église Saint-Seurin par l’actuelle rue Capdeville vers le Médoc




Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la population s’accroît rapidement ; de grands travaux d’urbanisme sont entrepris par les intendants du Roi, en particulier Tourny, qui donnent un nouveau visage à Bordeaux... et au faubourg Saint-Seurin qui forme désormais un prolongement continu de la ville




L’urbanisation progresse par étapes alliant initiatives publiques et privées. Les particuliers n’hésitent pas à lotir de nouveaux terrains en respectant l’axe est-ouest prédéfini.
Ainsi, en 1785, Marie Brizard, la créatrice de la célèbre anisette et son neveu Roger, divisent leur propriété en rues publiques et parcelles adjacentes privées en tenant compte du tenant compte du tracé de la future rue Judaïque. C’est l’origine du secteur de la place Dutertre, rues Brizard, Chauffour…
Les parties les plus proches du centre-ville sont les plus densément peuplées et bâties . Les maisons ont façade sur rue ; à l’arrière, elles donnent sur un jardin plus ou moins vaste ; l’ensemble des jardins formant un îlot de verdure qui est une des originalités de l’urbanisme bordelais.





Plus loin s’installent des activités de loisirs ou de services ayant besoin d’espace : manège à chevaux (dont le nom subsiste dans la rue du Manège, école de dressage (1862, à l’emplacement de la piscine Judaïque, ), cimetière protestant (1825-1826), usine à gaz (1825, aujourd’hui remplacée par la gendarmerie nationale). Au niveau de l’actuelle place Dutertre commence alors la commune de Caudéran.

La rue Judaïque finit de s’allonger lorsque les limites de Bordeaux sont enfin fixées par les boulevards en 1865. La décision est prise dès 1853 mais les tractations sont longues car il faut que la commune de Caudéran cède une partie de son territoire. Cette frontière est administrative mais aussi économique : toute marchandise pénétrant en ville doit acquitter une taxe de péage. L’octroi se paye à la barrière Judaïque. Cette zone se construit de la fin du XIXe siècle à l’entre-deux-guerres . Les parcelles sont plus petites et l’habitat relativement dense.



sources :


http://www.ruejudaique.com/histoire.html



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